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Après l’analyse du vote Marine Le Pen (F&D 329), voici un bilan synthétique de la situation économique et financière de la France à deux mois à peine de l’élection présidentielle. Notre série se terminera, dans F&D 331, par un dossier sur les classes moyennes, qui seront la clé de cette élection dont nul ne sait vraiment qui seront les finalistes.
« Les tensions de cet automne liées à la crise des dettes publiques se sont confirmées. Le choc sur les marchés financiers est en train de se transmettre à l’économie réelle, sans ambiguïté. Tous les moteurs de la reprise amorcée depuis deux ans se grippent. » Sandrine Duchêne, chef du département « conjoncture » de l’Insee (La Croix, 16 décembre 2011).
« Les vraies poussées de fièvre sociale sont plutôt à craindre pour la rentrée de septembre 2012. » Jean-Marie Pernot, chercheur à l’IRES, Les Echos (2 janvier 2012).
« Sarközy, c’est l’homme qui fait du judo avec la crise. » Les Echos, 1er décembre 2011.
Constatation d’évidence : jamais une campagne : présidentielle ne s’est déroulée en France dans un tel contexte de dégradation de l’activité économique et financière (faute de place, nous nous réduisons aux seuls éléments français, sans rajouter la conjoncture internationale, qui est très exacte- ment sur la même pente et ne fait qu’amplifier le phénomène).
- LE CHÔMAGE EXPLOSE
En cinq ans (le quinquennat), le chômage a augmenté de 33 % pour la catégorie A. Le chiffre n’a jamais été aussi élevé depuis 1999, soit depuis treize ans : 2,874 millions de demandeurs d’emploi à la fin de 2011, 152.000 chômeurs de plus qu’en 2010 (+5,6 %). La barre des 3 millions de chômeurs (et 10 % des chômeurs pour l’ensemble des catégories), selon l’OCDE, sera sans doute dépassée au moment de l’élection présidentielle (mais cela ne sera annoncé qu’après en raison du décalage mensuel ou l’examen des chiffres). Si on ajoute à la catégorie A (« demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé»), les catégories B et C, qui concernent les personnes à activité réduite, partielle ou inadaptée, on arrive à 4,271 millions de personnes (hors outre-mer). Soit 9,3 % de la population active et 9,8 % avec les DOM-TOM. Pour les plus de 50 ans, la hausse est de 16 % en un an. Le chômage de longue durée augmente de 6,2 %. Fin décembre, on comptait 1,61 million de personnes au chômage depuis plus d’un an. Surtout, la croissance du chômage va s’accélérer. 21 000 emplois marchands et non marchands seront détruits au premier semestre 2012, contre 130.000 créés en 2011. L’indicateur le plus préoccupant est celui de l’industrie, qui avait cessé de perdre ses effectifs durant la première moitié de 2011, et a recommencé à en perdre (- 18 000, soit -0,6 %) pour le second semestre. L’intérim recule depuis le troisième trimestre 2011 (-2,7 %). L’Unedic indiquait, le 19 janvier, que son déficit allait doubler en 2012 par rapport à 2011, pour atteindre 4,3 milliards d’euros (avec une dette totale à 15,3 milliards fin 2012).
- UNE INFLATION QUI SE RÉVEILLE
Les prix à la consommation ont progressé de 2,1 % en 2011, surtout en raison de l’augmentation du prix de l’énergie (+12,3%). Mais cet indice ne mesure nullement l’inflation réelle le prix des logements anciens (qui ne rentre pas dans l’indice précédent) a par exemple augmenté de 14,3% en Ile-de-France et de 4 % pour le reste de la France. Mais dans le même temps, la vente des logements a chuté de 12 % par rapport à 2011. Quant au pouvoir d’achat, il recule. Le total des prélèvements obligatoires en 2010 était de 822,1 milliards, de 872,6 milliards en 2011 et est estimé en 2012 (avec Nicolas Sarközy) à 920,9 milliards (soit +12 en deux ans). L’élection de François Hollande coûtera, au minimum, entre 25 et 30 milliards de plus.
- L’ÉCONOMIE EST EN RECESSION Tous les moteurs de l’économie sont grippés : investissements des entreprises, exportations en berne dans un environnement international peu porteur, consommation atone (-0,5% au 4e trimestre 2011). L’Insee anticipe donc un recul de 0,2 % du PIB au quatrième trimestre 2011 (en septembre, elle avait prévu une croissance nulle pour le dernier trimestre) puis de 0,1 au premier tri-
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Egalement au sommaire : Enquête : le siècle 2012 (3)
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Commentaires
Moi j'attend patiemment les prochaines présidentielles, j'ai l'impression que "çà va chauffer" comme dirait l'autre, et là point ne sera illusion...