L’égalité est l’ambition des médiocres PDF
Lundi, 13 Février 2012

Intéressant avis d'une lectrice de contre-info en réaction à une campagne féministe.

Actuellement est lancée la campagne du « pacte pour l’égalité », présentée par le « laboratoire de l’égalité » (association créée en 2010), à travers des affiches et un film diffusé à la télévision, au cinéma et sur internet. Ce pacte propose aux candidats à la présidentielle une série de mesure pour « l’égalité homme/femme ».

Cinq affiches peuvent être vues dans les transports en commun. Le laboratoire de l’égalité prétend que « 70 % des Français souhaitent que l’égalité homme/femme soit au cœur du débat présidentiel », d’où la nécessité vitale d’une importante campagne de sensibilisation. Admettons…

Le thème principal, traité sur trois affiches, est bien évidemment l’égalité dans le domaine professionnel, en dénonçant les différences de salaires et le « sexisme » environnant. On nous montre, entre autres, des hommes s’asseyant littéralement sur des jeunes femmes à leur bureau. L’image, se voulant provocante, aurait pu être percutante si elle n’avait pas été un brin humoristique. En effet, ces deux scènes ont, à mon goût, quelque chose de burlesque, comme une bonne blague qu’on pourrait faire à un copain… Passons.

Je voudrais, en revanche, m’attarder sur deux affiches, qui me semblent réellement choquantes, voire scandaleuses, au sens où elles touchent au droit à la vie privée et à la liberté de chacun de ne pas voir son choix de vie publiquement discriminé (attention! J’en appelle aux droits de l’homme).

La première image représente un homme penseur (tel Rodin) assis sur un aspirateur ; on peut lire : « 80 % de l’activité domestique repose sur les femmes. Courage messieurs ». De quoi se mêle-t-on? Depuis quand doit-on s’immiscer dans la vie privée des gens, dans leur maison, pour juger et dénoncer quoique ce soit qui, de surcroît, n’a rien d’illégal ? Un débat sur les salaires peut être légitime, car il concerne la société et la vie publique. Mais la manière d’organiser le travail domestique ne regarde personne, à part les membres d’une même famille. Dois-je craindre qu’un jour une nouvelle association inutile pour le droit à la propreté me montre du doigt parce que je n’ai pas lavé mes vitres depuis un an ? De plus, cette affiche incite certaines femmes à réclamer de leur conjoint une plus grande participation aux tâches ménagères, ce qui donnera peut-être lieu à une mésentente, voire un conflit, inexistant jusque là. Créer la zizanie, ou pousser un membre à une révolte – aussi petite soit-elle – dans une famille est en soi une volonté de nuire à la paix des ménages.

Dans le même ordre d’idée, la deuxième image m’ayant choquée est celle représentant une mère de famille, dans son salon, avec ses quatre enfants. Quatre ? Oui, quatre. On nous montre ici une vraie famille nombreuse ! Et nous n’allons pas être déçus ; on peut lire : « Mercredi, 15 h. Papa travaille. Maman est en RTT. Qui a parlé d’égalité? »
Les enfants semblent intenables, la mère blasée, voire dépressive. Même si personne ne prétend qu’avoir une famille est joie quotidienne et bonheur éternel, il me paraît totalement décalé de montrer explicitement que cette mère perd son temps à la maison avec ses enfants, et qu’elle préfèrerait être au travail comme son mari. Étrange monde dans lequel les gens veulent travailler plutôt que de s’adonner à leurs loisirs, à la culture, au développement de leurs enfants, ou que sais-je de plus honorable que le dur labeur malheureusement nécessaire. Cette femme, qui ne passe visiblement que le mercredi chez elle, n’apparaît pas heureuse pour un sous de se consacrer à sa progéniture un jour par semaine !
Clairement, cette affiche méprise les mères au foyer et veut même dissuader d’avoir des enfants.

Devant cette scène, la jeune passante qui, peut-être (l’espoir fait vivre ! Il paraît que l’avenir, c’est les enfants…) désirait des bambins, a de fortes chances de se dire qu’avoir une famille est plus handicapant pour son épanouissement personnel qu’autre chose, et qu’en tout cas, elle n’aura pas plus de deux enfants (elle veillera bien à se bourrer de contraceptifs et à se bousiller la santé à cet effet).

Ces affiches visent et s’attaquent à l’harmonie de la famille. Tout d’abord en minimisant le rôle de la mère et de la femme au foyer, en humiliant celles qui souhaitent travailler (car c’est un travail !) à ce que leur intérieur soit un cadre accueillant pour leur mari et propice pour l’éducation de leurs enfants. Mais aussi en minimisant et en rendant optionnel le rôle de l’homme et du père qui tente de combler les besoins matériels de sa famille. Homme et femme voient donc leur rôle initial et naturel rabaissé ou jalousé.

Et les enfants dans tout ça ? Cette campagne sous-entend que les problèmes et les « inégalités » augmentent proportionnellement au nombre d’enfants ; le message paraît clair. Mais si, malgré les recommandations et le « planning familial », un couple a plusieurs enfants, il ne faudra pas s’étonner du mal-être ambiant et de la possible culpabilité des marmots ; car ils seront un sujet de discorde supplémentaire, s’opposant à l’épanouissement et à la carrière professionnelle de leur mère, et obligeant leur père à faire des machines à laver à répétition, sachant qu’aucun ne veut s’occuper des enfants rentrant de l’école. Tout le monde sera frustré !

Le mode de vie que veut nous proposer (nous imposer ?) le laboratoire de l’égalité prétend être le partage équitable des tâches. Il n’en est rien ; parce que la responsabilité de l’éducation est mise au ban, celle du travail rémunéré est multiplié par deux et celle du travail intérieur est divisé par deux. Aucun n’a de domaine propre qui lui permette une reconnaissance pleine et entière.

Christine Dol »

 

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