Au chant III de l'Iliade, Priam s'adresse à Hélène : "Tu n'es, pour moi, cause de rien, les dieux seuls sont cause de tout : ce sont eux qui ont déchaîné cette guerre" (III, 164-165). Les vieux Troyens, au demeurant, quand ils voient Hélène marcher sur les remparts, sont prêts à excuser tout à la fois Troyens et Achéens "si pour telle femme, ils souffrent si longs maux. Elle a terriblement l'air, quand on l'a devant soi, des déesses immortelles" (III, 156158). Hélène n'y serait pour rien ou plutôt, quand bien même y serait-elle pour quelque chose, ce serait la faute de cette part "divine" qui est en elle, cette beauté qui, précisément, la met du côté des dieux et matérialise une destinée de nature divine. Voyons les faits. Dans l'Iliade, il faut se rendre au chant XXIV pour trouver une…
Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,Châtrés dès le berceau par le siècle assassin De toute passion vigoureuse et profonde.Votre cervelle est vide autant que votre sein,Et vous avez souillé ce misérable mondeD'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,Que la mort germe seule en cette boue immonde.Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loinOù, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,Noyés dans le néant des suprêmes ennuis, Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. Charles-Maris Leconte de Lisle (1818-1894) Tableau en illustration : Voyageur contemplant une mer de nuages, Caspar David Friedrich, 1818
Pâques, événement familial, principale fête chrétienne devant Noël, a lieu le dimanche qui suit la pleine lune venant après l'équinoxe de printemps (soit entre le 22 mars et le 25 avril). Y est célébrée la résurrection du Christ, le Verbe fait chair. Les enfants trouvent dans les jardins du chocolat sous différentes formes, déposé par les cloches revenues de Rome ou par le lièvre de Pâques. Lors du concile de Nicée, en 325, fut fixée la méthode de calcul de la date de Pâques. Pour les orthodoxes qui suivent le calendrier julien, là où nous suivons le calendrier grégorien, la date de l'équinoxe peut être retardée. Aussi, si le mode de calcul est le même, le résultat peut donc différer. En 2010, par le fait du hasard, nos deux calendriers coïncidèrent. En 2012, les orthodoxes fêteront…
La vertu guerrière est distincte du courage, bien que celui-ci en constitue une partie essentielle. On saurait encore moins la confondre avec l’enthousiasme pour la cause de la guerre. Dans l’homme, en général, le courage est une qualité naturelle, un don de naissance ; chez le soldat, membre de l’armée, il peut, en outre, s’acquérir par l’exercice et par l’habitude. Dans ce dernier, d’ailleurs, le courage suit une direction très différente, et, perdant tout instinct d’allure libre et de dépense déréglée de forces, doit se soumettre aux exigences de la discipline, de l’ordre, du règlement et de la méthode. Quant à l’enthousiasme pour la cause de la guerre, bien que ce ne soit nullement l’un des principes constitutifs de la vertu guerrière, il est incontestable qu’il en augmente…
Collision dans l’art romain. En même temps qu’une réédition de « L’art romain » de Mortimer Wheeler, chez Thames & Hudson sorti dans les années 90, Picard procède au lancement d’une monumentale « Histoire de l'art romain» en cinq volumes, qui veut offrir à la fois des données mises à jour et une réflexion historiographique sur l'art romain .C’est Filippo Coarelli , de l’université de Pérouse, qui ouvre la collection avec « L’art romain des origines au IIIème siècle av JC ». Dans ce volume, l'auteur montre qu'au sortir du vème siècle av. JC., Rome, qui se trouve au carrefour de deux mondes artistiques riches et actifs (le monde étrusque au nord et le monde italo-grec au sud), s'affirme progressivement comme une ambitieuse métropole politique et culturelle où s'associent, en des…
Le 18 mars 1962, la signature des accords d'Evian allait mettre fin à 130 ans de souveraineté française en Afrique du Nord. Un demi-siècle plus tard, il est temps de raconter le conflit qui a conduit à l'indépendance de l'Algérie sans occulter une part de la réalité. 1 L'Algérie, une création française L'Algérie heureuse » : dans la mémoire des Français nés « là-bas », l'expression évoque un art de vivre, des couleurs, des odeurs et des saveurs dont le souvenir, un demi-siècle après, les hante encore. Mais de quand dater cette Algérie heureuse ? D'avant 1954, année de l'insurrection déclenchée par le FLN ? D'avant la Seconde Guerre mondiale quand, dans la foulée du centenaire du débarquement français en Algérie (1930) et de l'Exposition coloniale (1931), l'idée d'« Empire » faisait rêver…
Selon Art Price, les acheteurs chinois ont dominé le marché de l'art mondial en 2011 : six des dix artistes les plus cotés sont chinois, seules quatre vedettes de l'art occidental sont encore présentes : Andy Warhol (325 millions de dollars), Pablo Picasso (315 millions de dollars), Gerhard Richter (175 millions de dollars), Francis Bacon (129 millions de dollars). Les chinois se distinguent donc des nouveaux riches de la mondialisation : ils soutiennent d’abord leurs artistes et leur tradition culturelle. Ces six premiers artistes chinois au classement 2011 n’étaient pas, (ils sont tous morts), des grands noms de l'art-contemporain-passe-partout : ils pratiquaient un art classique chinois, ou modernisé. L’un d‘eux, Zhang Daqian, (550 millions de dollars) a « battu » Picasso comme…
La Scandinavie est à l’honneur à Paris : après la très belle exposition présentée au Centre Pompidou autour de l’œuvre d’Edvard Munch, artiste emblématique de la Suède, voici que le musée d’Orsay accueille pour les semaines à venir une intéressante rétrospective consacrée à l’œuvre du peintre finlandais Akseli Gallén-Kallela (1865-1931). Première exposition monographique consacrée à cet artiste, elle se propose de révéler au public la richesse d’une œuvre rangée un peu rapidement peut-être sous l’étiquette de « peinture nationale », quoique la désignation ne soit pas nécessairement dépréciative sous notre plume. Son œuvre est celle d’un peintre passionnément épris de son pays natal1, transposant en peinture non seulement la haute société finnoise, mais surtout le monde rude et vrai des…
Le politiquement correct frappe également en Allemagne où l’équivalent du « massacre des Algériens » le 17 octobre 1961, est la guerre des Herero, ce conflit qui ensanglanta le Sud-Ouest africain, l’actuelle Namibie, au tout début du XX° siècle. Le 11 janvier 2004, pour le centenaire du début de la guerre, M. Wolfgang Massing, ambassadeur d’Allemagne à Windhoek, exprima ses regrets « pour la conduite de l’armée allemande à l’égard du peuple herero ». Depuis, tous les superlatifs ont été employés, certains allant jusqu’à parler de « génocide ». Or, dans cette affaire, l’acte d’accusation contre l’Allemagne est un montage datant de la Première guerre mondiale quand Français et Britanniques qui avaient besoin d’arguments « moraux » pour s’emparer de ses colonies, accusèrent l’Allemagne…
Le carnaval, rite de passage complexe à la veille du carême, forme un « temps hors du temps » marqué par l'inversion, la satire et les mascarades. Situé à la fin de l'hiver dans l'hémisphère nord, le carnaval est une fête mobile dont la date dépend de celle de Pâques. Le mot vient de l'expression latine carnem lavare, « enlever la viande » (des menus). Les « jours gras » (surtout mardi gras, veille du mercredi des Cendres) s'opposent en effet aux jours maigres du carême, où la consommation de viandes et de graisses était interdites par l’Église pendant quarante jours. Les origines de cette fête, temps de logiques à l'envers, sont multiples et peuvent plonger dans l'antiquité. A Babylone, un condamné à mort devenait fictivement roi lors des Sacées, quelques jours avant son exécution. En…
Le Carnaval bat son plein à la galerie Gagosian qui expose… des confettis. Soit la série complète des " Spot Paintings " de Damien Hirst, qui, lorsqu’il ne plonge pas les requins dans le formol, fait des ronds dans la peinture, rien que des ronds et encore des ronds, ce qui fait beaucoup d’argent. Question esthétique, l’intérêt frôle celui du nuancier en peinture industrielle. Ces pustules proliférantes ont-elles un sens caché ? Certains glosent sur les points colorés qui, en galerie, symbolise la vente ou l‘option etc… d’autres remarquent que des titres font allusion à des drogues ou des produits toxiques… l’AC est, on le sait, un cynisme à valeur ajouté. Collectionnés par les plus grosses fortunes qui ont prêtés leurs boutons multicolores, les plus grands critiques d’art sont requis au…
Le serment de Strasbourg, passé le 14 février 842, signe l’alliance militaire de Charles le Chauve (ayant reçu la Francia occidentalis) et Louis le Germanique (Francia orientalis) contre leur frère aîné, Lothaire Ier (Francia media) qui revendique le titre d’empereur d’Occident conformément à l’Ordinatio imperii de 817 de Louis le Pieux. Le conflit trouve son aboutissement avec le traité de Verdun (843). Du point de vue de l’Histoire des langues, le serment de Strasbourg constitue l’une des premières attestations écrites d’une langue romane et d’une langue tudesque. Le serment de Strasbourg d’après Nithard, auteur de l’Histoire des fils de Louis le Pieux, contemporain actif des événements. « Le 15 février, Louis et Charles se réunirent dans la ville autrefois appelée Argentaria, et…
-Désolée. Nous avons déjà nos propres éditions. Si c’est un ouvrage sur le Louvre, il doit être produit par le Louvre ! C’est ce que s’entend répondre Ariane Warlin qui enquête sur le musée le plus fréquenté du monde. A ces fins de non recevoir la journaliste opposera son obstination à comprendre : son ouvrage, « La face cachée du Louvre », vient de paraître aux éditions Michalon. Vous y traverserez les coulisses du Louvre d’Abu Dhabi, du Louvre-Atlanta, du Louvre-Lens, ou comment la culture est instrumentalisée au profit de la politique, voire des ventes d’armes. Comment aussi, depuis qu’une pyramide s’est installée au Louvre, son directeur, Henri Loyrette, jouit d’un pouvoir pharaonique au point d’être plus puissant que ses autorités de tutelle. Et ce dans la plus entière opacité : un…
« Je n'ai jamais aimé. J'ai ressenti l'amour qui déplace les montagnes et transforme les êtres - l'amour qui déchire, fait chavirer le coeur et boire le sang. Mais je n'ai pas pu dire à quelqu'un - femme, c'est toi, je t'aime. Tu es tout pour moi. » Edvard Munch Omniprésent dans l’œuvre du peintre norvégien Edvard Munch, dont notre dernier article tentait une approche renouvelée à l’occasion de l’exposition présentée au centre Pompidou, le thème de l’amour revient sans cesse comme une obsession, avec ceux de l’angoisse, de la mort – crime ou maladie – et de la folie. Corollaire naturel, la femme obsède Munch comme elle avait obsédé un Goya, un Schiele et tant d’autres avec eux… Le regard que le peintre porte sur l’autre féminin révèle quelque chose de son intériorité la plus profonde, de…
L'Epiphanie (du grec epiphania, "manifestation") est fêtée en France le deuxième dimanche suivant Noël. On parle parfois du premier dimanche qui suit le 1er janvier, ce qui revient au même. Les chrétiens d'Occident commémorent la visite des Mages venus d'Orient adorer l'Enfant Jésus, telle qu'elle est rapportée par l'évangéliste Matthieu, et la "manifestation" du Christ au monde. Ce jour-là, dans les familles, on partage une galette : celui qui a la fève cachée à l'intérieur est appelé roi et porte alors une couronne. Suivant les habitudes, le roi peut choisir une reine (ou la reine un roi, suivant ce que le tirage au sort aura donné). Jusqu'en 1970, la fête avait lieu le 6 janvier. Cette date fixe fut établie vers 120-140, alors que de nombreuses traditions païennes étaient encore très…
Inutile de demander ce que fait Delanoë, cette année, pour honorer celle qui a sauvé Paris à plusieurs reprises (en 451, mais aussi en 465) et qui est la patronne de la capitale… Sainte Geneviève, née à Nanterre en 423, voue très jeune sa virginité à Dieu. Elle est très vite remarquée par saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre en 429 (elle n’a que six ans), à l’occasion de leur voyage vers la province romaine de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle). Elle mène une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans. De son père, franc, dont elle est la fille unique, elle a une charge de membre du conseil municipal de Paris. Lors du siège de Paris par les Huns, en 451, elle convainc, aidée par sa grande force de caractère, les Parisiens de ne pas…
Aller au Musée d'Orsay et pénétrer dans l'exposition consacrée à l'Aesthetic Movement, c'est un peu être introduit (la foule en plus) dans la « thébaïde raffinée » de Jean Floressas des Esseintes, le personnage que Joris-Karl Huysmans fait évoluer dans A Rebours et qui pour fuir la vulgarité du présent s'enferme dans un monde rêvé et clos où « tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté. » Sainte Cécile de John Waterhouse Comme le faisait remarquer Huysmans, tenant du naturalisme littéraire le plus orthodoxe, familier des soirées de Meudon, converti au catholicisme à la fin de sa vie, « les queues de siècles se ressemblent toutes » et si 2011 est à l'aube d'un siècle chronologique, il n'en est pas moins vrai que l'esprit de notre société a des relents de monde finissant qui…
"La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens." Si cette affirmation de Clausewitz était fondée, le monde serait plus facile à comprendre. Clausewitz, un vétéran prussien des guerres napoléoniennes, qui consacra ses années de retraite à rédiger ce qui allait devenir le plus fameux ouvrage sur la guerre Vom Griege (De la guerre), écrivit en effet que la guerre est la continuation des "relations politiques (des politischen Verkehrs) mélangée à d'autres moyens" (mit Einmishung anderer Mittel). L'allemand original exprime une idée plus subtile et plus complexe que les traductions fréquemment proposées. Malgré ce problème, la pensée de Clausewitz demeure incomplète. Elle suppose l'existence d'États, d'intérêts nationaux, et de calculs rationnels sur la manière de les mener…
Le cercle de Réinformation Parisien a établit un compte-rendu de cette conférence que nous avions précédemment annoncé. Nous le reproduisons afin que les absents en profitent. Le Cercle de Ré-information Parisien a accueilli vendredi dernier Monsieur Jean-Pierre Maugendre, président du mouvement Renaissance Catholique. Celui-ci a eu l’amabilité de nous entretenir à propos du contenu des nouveaux programmes d’histoire. Le corps de la conférence se divisait en trois partie : la première nous précisait le sens et la vocation de l’histoire et distinguait l’histoire-connaissance de l’histoire-action, la première se donnant pour but d’énoncer les faits bruts (ex. Hérodote), et la seconde qu’on pourrait qualifier d’ « engagée » (ex. Thucydide), utilisant les faits dans le but de véhiculer…
Beaucoup d’analystes et d’historiens occidentaux de l’islamisme ne s’intéressent qu’aux conséquences et risques que constituerait ce courant idéologique et politique sur leur sécurité, leur identité et leur civilisation européocentriste. Ils omettent, par ignorance ou à dessein, de comprendre les facteurs ayant présidé à l’avènement de ce courant et le processus de son enracinement lent dans un terreau socio-économique généré et entretenu par la politique occidentale à l’égard des sociétés puis des Etats musulmans.[...] l’islamisme est l’expression politique d’une identité bafouée, d’une entité même putative, écrasée et d’une histoire « glorieuse » méprisée par les invasions coloniales de la même France et de la même Angleterre. Les historiens se réfèrent souvent à El Ismaïliya, à 1928 ou…
Paris au fil des arts L’an passé déjà, la Pinacothèque de Paris attirait l’attention du public sur l’artiste norvégien, si célèbre et pourtant si méconnu – Edvard Munch, dont l’on ne connaissait guère jusqu’alors que ce long et silencieux hurlement, Le Cri, devenu symbole d’une modernité éperdue, hantée par l’angoisse du non-sens. Nous découvrions alors le Munch des collections privées et des œuvres inconnues, monde pictural à part entière que ne laisse guère soupçonner l’œuvre phare, qu’il faudrait oublier un instant pour pénétrer la personnalité de l’artiste. Paris récidive cet automne avec la superbe exposition du Centre Pompidou, ouverte au public depuis le 21 septembre dernier. « L’œil moderne » On a pu éprouver quelque difficulté à classer Munch : au confluent de divers courants…
Pour la quatrième fois l’historien Christophe Carrichon fait éditer chez Artège sa biographie sur la vie d’Agnès de la Barre de Nanteuil (1922-1944), jeune résistante pendant la deuxième guerre mondiale. « Son beau nom ancien, son éducation, sa beauté, sa grâce et sa distinction, son élévation spirituelle, sa richesse d’âme, son courage dans les épreuves (…) sa fin tragique ont construit une légende autour d’elle » Alors âgée de 21 ans, Agnès rend son âme à Dieu « calmement, héroïquement, son visage illuminé », le 13 août 1944 en la ville de Paray le Monial. Agnès est la seule femme, avec Sainte Jeanne d’Arc, à avoir donné son nom à une promotion d’élèves officiers. Qui est cette jeune femme dont le rayonnement est à la fois si doux et si puissant ? Agnès de Nanteuil est d’abord un petit…
Voilà à quoi ressemblait la vie d'un fonctionnaire prussien.Le 31 ou le 1er du mois, mon père touchait son traitement, qui représentait notre unique moyen d'existence, les bons de caisse et les bons d'épargne étant dévalorisés depuis longtemps.Il était difficile d'estimer la valeur de ce traitement, qui changeait d'un mois sur l'autre ; une fois, cent millions pouvaient représenter une somme respectable, peu de temps après un demi-milliard n'était que de l'argent de poche.Quoi qu'il en fût, mon père essayait toujours d'acheter le plus rapidement possible une carte d'abonnement mensuel pour le métro, afin de pouvoir au moins assurer les trajets entre son lieu de travail et son domicile, bien que ce moyen de transport entraînât un détour considérable et une perte de temps.Puis on signait…
Le cercle de réinformation parisien, qui a précédemment invité Emmanuel Ratier, convie cette fois-ci Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique, qui interviendra sur le thème des nouveaux programmes d'histoire. Après "l'allègement" des programmes d'histoire qui a consisté en la suppression de certains de nos souverains pour pouvoir étudier des empires africains (sic), ce thème est plus que jamais d'actualité. Nous encourageons nos lecteurs à assister à cette conférence parisienne. Plusieurs membres de la rédaction de l'Acropole s'y rendront probablement. Elle aura lieu vendredi 16 décembre à 20 heures au 8 bis, rue Vavin, dans le sixième arrondissement de Paris (métro Vavin). Entrée gratuite, participation aux frais libre.
N’oublions pas notre monnaie nationale, outil indispensable de notre souveraineté et de notre santé économique. L’espoir de la retrouver prochainement grandit régulièrement. Le 5 décembre 1360, les premiers francs sont frappés à Compiègne, pour aider à payer la rançon du roi Jean II de France (capturé par les Anglais le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers). Dénommé le « franc à cheval », il s’agit en fait d’un écu tiré à 3 millions d’exemplaires, pesant 3,87 grammes d’or fin et valant une livre tournois ou 20 sols. Le roi y est représenté sur un destrier, armé d’un écu à fleur de lys et brandissant l’épée, avec le terme « Francorum Rex » (Roi des Francs). Bien que le mot « franc » signifie « libre », il est plus probable que le nom de la monnaie vienne tout simplement de cette…
Lorsque l’Empire romain d’Occident disparaît avec la déposition du dernier empereur Romulus Augustule en 476, la quasi-indifférence générale règne dans l’Empire romain d’Orient, où siège désormais l’unique empereur romain à Constantinople. Le problème barbare semble en voie de solution, et l’empereur Anastase (491-518) laisse un Trésor plein ; mais ce répit est de courte durée. A l’éphémère reconquête justinienne (527-565) succèdent de nouvelles grandes invasions qui vont mettre l’existence de l’Empire en péril. Section restaurée du mur de Théodose II (Constantinople). La dernière tentative de tenir le limès danubien échoue avec l’empereur Maurice (582-602). En quelques décennies, les Balkans sont submergés par les barbares tandis que l’Empire lutte en Orient contre les Perses sassanides.…
Le 13 avril 1570 naissait, en Angleterre, un certain Guy Fawkes. Bien qu’issu d’une famille très protestante et éduqué de la sorte, le jeune Guy se convertit au catholicisme dès 16 ans, sans doute sous l’influence de son tuteur de l’école St Peter’s, John Pulleyn. A 22 ans, en 1592, il s’engagera dans l’armée catholique d’Espagne pour faire face aux protestants des Provinces-Unies, puis l’année suivante dans l’armée de l’archiduc Albert d’Autriche des Pays-Bas espagnols. A son retour, en 1603, sa maîtrise des explosifs lui permît d’être présenté à Robert Catesby, instigateur secret d’un complot à venir contre le pouvoir protestant de Jacques Ier d’Angleterre. En effet, grâce à ses dons d’artificier, Guy Fawkes va se retrouver au cœur de la célèbre « Conspiration des poudres » aux côtés de…
Une femme de ménage trop zélée a détruit à jamais une oeuvre d’art, a indiqué le musée de Dortmund, en Allemagne. « La femme de ménage a retiré la patine d’une baignoire en caoutchouc placée sous des planches en bois empilées .«Il n’est plus possible de la remettre dans son état initial» cette installation de l’artiste allemand Martin Kippenberger, aujourd’hui décédé, a indiqué une porte-parole de la ville de Dortmund. Baptisée «Quand des gouttes d’eau commencent à tomber du plafond», l’oeuvre était assurée pour 800.000 euros. L’incident est survenu le 21 octobre. La technicienne de surface (était) employée par une société indépendante du musée. » Comme on le voit il s’agit d’un drame de la sous-traitante : rien à voir avec une indignée anti-AC, ouf, tout baigne ! Sauf que : « Ce n’est…
Les célébrations du 11 novembre 1918 perdent d’année en année de leur importance. La première guerre mondiale fut pourtant pour la France une grande épopée diplomatique et guerrière. Diplomatique, car elle a su compenser son infériorité démographique par un vaste réseau d’alliances. Guerrière parce qu’en 1918, l’armée française, par l’emploi massif de blindés et d’avions, est la première armée moderne de l’Histoire. Cette grande guerre patriotique française n’est pas sans rappeler sous bien des aspects, la grande guerre patriotique russe de 1941 à 1945, y compris dans certains de ses aspects les plus dramatiques. Jusqu’en 1916 en France, comme en Union Soviétique jusqu’en 1943, l’aveuglement des chefs militaires et politiques est compensé par le sang des soldats. En France, Joffre, Foch…
Dans ce premier volet de notre petite réflexion sur la subversion antichrétienne actuelle, on s'intéressera en particulier au réseau médiatique et financier libéral-libertaire,son idéologie, ses objectifs à peine voilés, et ses méthodes qui déterminent son champs lexical. La "mafia" de l'anti-culture Un phénomène qui n'a cessé de s'amplifier ces derniers temps est la coopération du secteur "culturel", information ou divertissement (toute information devant d'ailleurs être un divertissement, ce qui est très net sur le Grand journal de Canal+), bien souvent diffuseur d'une vision du monde hédoniste et relativiste, et des groupes de pression politico-financiers. Etudier ce système devrait faire l'objet d'un travail en soi, et sortirait du cadre de la présente réflexion. Toutefois il est bon…
Le Maître d’école, Adriaen van Ostade (XVIIe). Lire, écrire et compter sont les trois rudiments élémentaires enseignés dans les petites écoles de l’Ancien Régime, qui ont vu naître la pédagogie moderne (utilisation des images, du jeu comme moyen d’apprentissage). Si le catéchisme, la prière et les leçons de civilité tenaient la première place dans ces petites écoles, la lecture et l’écriture n’étaient pas oubliées. L’école est alors à la charge de l’Église, et tenue soit par un maître – voire une maîtresse – nommé par le curé de la paroisse avec la communauté des habitants, soit par une congrégation enseignante, soit quelquefois par le curé lui-même. Dans les campagnes, les habitats destinés spécifiquement à l’éducation des enfants sont extrêmement rares, la communauté décidant de se…
Spécialiste des guerres de Vendée, Reynald Secher s'interroge sur le silence qui entoure encore le massacre de 1793-1794. En mars dernier, Reynald Secher, spécialiste des guerres de Vendée, auteur d'un ouvrage dont le titre déclencha en son temps une violente polémique (Le Génocide franco-français, PUF, 1986, rééd. Perrin, 2006), achève le manuscrit d'un nouveau livre. En parallèle, il travaille aux Archives nationales dans les dossiers du Comité de salut public, organisme qui gouvernait la France au temps de la Terreur. Au hasard d'un carton, l'historien tombe sur un lot de papiers signés Robespierre, Carnot ou Barère. Dans ces lettres, datées de 1793, les chefs révolutionnaires commandent explicitement de liquider la population vendéenne. Commentaire de Reynald Secher : «On n'avait…
Canal+ diffuse une série à grand spectacle sur les Borgia. Malheureusement, on est loin de l'histoire réelle. Sur Canal+, l'événement de la rentrée, ce sont « Les Borgia ». Cette série de douze épisodes de 52 minutes, coproduction européenne dotée d'un budget de 25 millions d'euros, est diffusée à partir du 10 octobre. Dans les journaux, la publicité représente un prélat grimpé sur l'autel d'une église, une cascade de calices, ciboires et autres objets en or s'étalant à ses pieds. Avec ce slogan : «Borgia: n'ayez pas foi en eux.» A Rome, en 1492, alors que le pape Innocent III agonise, le cardinal Rodrigue Borgia intrigue pour lui succéder. Une lutte sans merci s'engage avec ceux qui nourrissent la même ambition. Borgia, ne reculant devant rien, met ses enfants au service de sa soif de…
[...] Contrairement à ce qui est affirmé par des médias dont l’inculture est à l’égal de l’esprit partisan, le 17 octobre 1961, il n’y eut pas de massacre d’Algériens à Paris. Revenons aux faits. Nous sommes en pleine guerre d’Algérie et le FLN qui cherche à prendre le contrôle de la communauté algérienne vivant en France organise une manifestation surprise et clandestine devant converger vers la Place de la Concorde et l’Elysée afin de montrer sa force et pour peser sur les pourparlers de paix qui ont lieu à Evian. Assaillis de toutes parts, les 1300 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non 7000 comme cela est toujours dit, firent preuve d’un grand sang-froid et d’un immense professionnalisme se traduisant par un bilan des pertes « modéré » dans de telles…
Au cours de l’été 451 apr. J.-C. s’opposent aux champs Catalauniques deux coalitions hétéroclites, l’une emmenée par le patrice Aetius, l’autre par Attila roi des Huns. La date de la bataille est incertaine (peut-être septembre), le lieu l’est également. Le banquet d’Attila, Mor Than (1870). Les Huns sont un peuple originaire d’Asie, apparenté aux Mongols, qui fait son apparition en Europe orientale au IIIe siècle. En 375, les Huns traversent le Don, détruisent l’empire alain des rives de la Caspienne et repoussent vers l’Ouest tous leurs ennemis par la terreur qu’ils inspirent. Attila naît en 395 et est élevé à la cour de Constantinople. Adulte, il retourne dans la vallée du Danube où il gouverne son royaume avec son frère Bléda de 434 (mort de son oncle Ruga) à 445 (assassinat de…
Le président Sarkozy a inauguré à Chaumont, Haute-Marne, le "Centre Pompidou mobile" , un musée itinérant qui présente 14 chefs d’œuvre, sur le thème de la couleur. La structure est démontable, le Mumo, tel un bibliobus de 16 m de long, ira porter l’art aux populations affamées de province puis poussera, l’esprit missionnaire aidant, jusqu’en…Afrique de l’Ouest. Si ! Ce poids lourd de l’Art contemporain a coûté 2,5 millions d’euros. Chaque étape coûte 400 000 euros, financée par les collectivités locales, les mécènes et le ministère de la culture, c’est-à-dire le contribuable. Mr le président a regretté qu'un Français sur deux "n'aille jamais au musée", "c'est une véritable fracture", pour lui, pas d’opposition entre culture et économie, ce qu’il a abondamment démontré en demandant à…
L'une des pratiques créatrices de société, les rites d'initiation destinés à faire entrer les jeunes dans la société des adultes, eut une très longue postérité en Europe : la chevalerie. Le Beowulf donne des exemples de jeunes guerriers, porte-main du héros, de jeunes garçons livrés au seigneur par leurs parents. Les garçons sont nourris au sein jusqu'à l'âge de 3 ans, puis sevrés et laissés aux soins des femmes jusqu'à l'âge de 7 ans. Ils sont alors confiés à un père adoptif (fosterfaeder, "père efforceur"). En général, il est de la parenté de la mère, souvent son frère aîné, donc l'oncle maternel comme nous l'avons dit. Lefosterage consiste à éduquer un jeune de 7 à 14 ans, ce qui ne devait pas aller sans peine ; sinon, pourquoi le père adoptif eût-il été qualifié d'efforceur ? Parfois…
Paris au fil des arts Une idée reçue à la vie dure voudrait que le christianisme soit une religion rétrograde, voire sclérosée, qui n’aurait pour seul ferment de remise en cause que la perspective d’un retour en arrière vers un « âge d’or » idéalisé. Pourtant, s’il est un domaine qui invalide radicalement cette idée, c’est bien celui de l’expression artistique, domaine par excellence de l’imagination sensible et de la créativité : tout comme l’art roman était de goût fort avant-gardiste pour son temps encore tout empreint de canons antiques, et l’art gothique à la pointe de la technique, la Renaissance elle aussi ne manqua pas de génies pour allier créativité artistique et profondeur spirituelle. C’est l’union très étroite de ces deux aspects qui est remarquablement mise en relief par…
La Veuve et son prêtre, Jean-Baptiste Greuze (seconde moitié du XVIIIe). Enclenchée dès le début du XVIIe siècle, la Réforme tridentine ne parvient à son aboutissement qu’à la toute fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle. Le clergé séculier atteint sa période de maturité et l’idéal du « saint prêtre » du concile de Trente prend véritablement forme. Jamais le clergé ne fut d’aussi bonne qualité et la christianisation aussi forte qu’au XVIIIe siècle. I. Profil des curés Les prêtres sont généralement issus du milieu urbain : 40 à 50 % des prêtres du royaume (sur un échantillon d’une trentaine de diocèses bien connus) sont nés en ville. A Reims en 1773-1774, 50,5 % des curés viennent des villes ; dans le diocèse de Toulouse, 55 % du clergé est issu des villes (alors que la population…
Au début du XIe siècle, deux évêques, Adalbéron de Laon et Gérard de Cambrai formulaient en des termes voisins la théorie des trois ordres ou, mieux, des trois fonctions : la société chrétienne était composée de ceux qui prient, de ceux qui combattent et commandent, et de ceux qui travaillent : oratores, bellatores, laboratores ; une société en trois groupes hiérarchisés et solidaires. Un siècle plus tard, en 1120, neuf chevaliers conduits par Hugues de Payns, un champenois, fondaient à Jérusalem la chevalerie des "pauvres compagnons de combat du Christ et du Temple de Salomon" ; l'ordre du Temple était né. Qu'ils aient été Templiers, Porte-Glaive, Teutoniques, chevaliers de Calatrava, d'Alcàntara ou de Santiago, Hospitaliers de Saint-Jean..., ces hommes de foi et d'épée ont en quelque…
Le terrorisme russe, sous ses diverses formes, avait contribué à affaiblir l'État russe et à faire le lit de la Révolution de 1917. Avec celle-ci, la technique de la terreur allait bientôt se confondre avec l'État soviétique. Lénine allait mettre en place un système que Staline portera aux extrêmes. Pour le jeune Lénine, la terreur n'est qu'un des moyens de la révolution. Si, en 1899, il rejette son usage, c'est parce qu'il pense que les problèmes organisationnels sont, à ce moment-là, primordiaux. En 1901, dans un article d'Iskra, il écrit ne pas avoir rejeté le "principe de la terreur", tout en critiquant les révolutionnaires socialistes pour leur usage du terrorisme, sans aucune considération pour les autres formes de combat. Pour Lénine, la technique terroriste s'inscrit dans le…
L’histoire des mondes non européens a toujours figuré dans les programmes scolaires, cependant, elle n’était pas enseignée aux dépens de l’histoire de France. De plus, cette nécessaire ouverture ne se faisait qu’à partir du moment où les fondamentaux de notre histoire étaient acquis par les élèves. Aujourd’hui, il en va tout autrement avec la réforme Darcos qui prépare le délitement de l’imaginaire historique national, ce précieux socle auquel les Français sont encore arrimés. Les ravages commencent désormais dès la classe de 5° qui a subi des amputations insensées et même proprement « ubuesques » de son programme d’histoire. Or, ces amputations ont été rendues nécessaires afin de dégager autant de plages horaires destinées à l’étude des civilisations non européennes, qu’elles soient…
Qui sont ces Turcs qui, à partir de la fin du XIe siècle, se sont attaqués d'abord aux provinces byzantines d'Asie Mineure puis, à la fin du XIIIe siècle, à la partie européenne de l'Empire byzantin avant d'entreprendre la conquête des Balkans, non sans avoir auparavant encerclé le réduit byzantin dont le point fort était la capitale de l'empire, Constantinople qui tomba finalement entre leurs mains en 1453 ? Constantinople n'était pour eux qu'une étape car, au lendemain de sa conquête, ces mêmes Turcs lancent attaques sur attaques en direction de l'Europe centro-danubienne, mettant par deux fois le siège devant Vienne, une première fois en 1529, une seconde – la dernière – en 1683. Qui sont donc vraiment ces Turcs ? Les Turcs ne sont pas des Européens La langue qu'ils parlent n'est pas…
Guerriers, marchands, prodigieux navigateurs, les Vikings, dès la fin du VIIIe siècle, établissent des routes maritimes de la Baltique à l'océan Atlantique. Après la mort de Charlemagne, ces Normands – ou hommes du Nord – débarquent aux abords des principaux fleuves du royaume franc, qu'ils remontent bientôt, pillant et semant la terreur. En 911, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, le roi franc Charles le Simple concède des territoires au Norvégien Rollon. Jean Renaud auteur de l'ouvrage Les Vikings en France retrace cette geste qui, en 150 ans, vit ces pillards coloniser les terres de Normandie, se convertir et s'intégrer dans la communauté franque, avant de repartir conquérir l'Angleterre. Des premiers coups de main… C'est en 799 que les Vikings commirent leurs premiers coups de…
La période des origines de Rome est largement plongée dans la légende. Fondée, d'après la tradition, le 21 avril 753 avant J.-C., la ville passa vite sous la domination de voisins riches et puissants, les Étrusques, en sorte que sa première armée peut être appelée romano-étrusque. Toujours d'après la tradition, Rome se débarrassa de ses maîtres en 509. La première armée proprement romaine reflétait de manière étroite une société et un État très aristocratiques. Les hommes étaient répartis en fonction de leurs revenus en 5 classes et 193 centuries. Au début, comme chacun devait payer son armement, les plus riches combattaient à cheval ou constituaient l'élite de l'infanterie ; les plus pauvres n'étaient même pas admis au service, puisqu'ils n'avaient pas les moyens de s'équiper. Les…
Le XVIe et le début du XVIIe siècle marquent en France le début d’une mutation de la conception du pouvoir, conception dont la France se fait le laboratoire et qui va gagner toute l’Europe. Le lien entre politique, morale et religion se brise ; la raison d’État, transgression par l’État des règles du droit et de la morale pour sauver l’ordre public, est théorisée et s’impose aux esprits. Assassinat du duc de Guise par Henri III en 1588 (Hippolyte de la Roche, 1835). Henri III outrepasse les règles du droit et de la morale au nom de l'intérêt supérieur de la nation (la paix civile). Jusqu’au XVIe siècle, toute la littérature politique se fait moralisatrice et reste étroitement liée à la religion. C’est précisément parce qu’il brise ce lien que Machiavel (1469-1527), avec Le Prince, fait…
Les armées médiévales étaient fondées sur la vassalité féodale, sur le recrutement de milices populaires, puis sur l'emploi croissant de mercenaires. A la fin du XVe siècle, au point de vue militaire, la vassalité avait cessé de fonctionner ; le recrutement populaire, s'il ne s'éteignit pas tout à fait, devint militairement inefficace. Il ne resta donc que les armées de mercenaires, qui allaient dominer le théâtre militaire jusqu'au XVIIe siècle. La couronne d'Angleterre y avait recouru pendant la guerre de Cent Ans, et, au fur et à mesure que ce conflit avait pris de l'extension, le nombre des mercenaires n'avait cessé d'augmenter. Mais en Italie, c'est depuis le XIIIe siècle que le mercenariat allait toujours croissant. La ligue lombarde et la papauté avaient fini par venir à bout des…
"Groupe les hommes, Agamemnon, par pays et par clan, pour que le clan serve d’appui au clan, le pays au pays. Si tu agis ainsi et si les Achéens te suivent, tu sauras qui, des chefs et des hommes, est un brave ou un lâche, puisqu’ils iront par groupes à la bataille ; tu sauras enfin si ce sont les dieux qui doivent t’empêcher d’enlever la ville, ou les hommes par lâcheté et ignorance de la guerre". (Iliade. II, 362-368) La cohésion unique en son genre qui existait entre les individus dans une phalange compte pour beaucoup dans la réussite des hoplites grecs qui contraste, en particulier, avec le cas des troupes étrangères. Bien que divisés par des rivalités entre cités, gravement inférieurs en nombre, rassemblés à la hâte et victimes d'une grave trahison, les Grecs attaqués pendant les…
Paris au fil des arts Le hasard de nos flâneries artistiques dans la capitale nous a conduits aujourd’hui au musée de l’Orangerie : le paradis des Nymphéas consacre en effet depuis le 27 avril dernier une intéressante rétrospective au peintre italien Gino Severini, artiste que nous désignerions volontiers comme atypique puisqu’il a expérimenté au cours de sa carrière des modes d’expressions aussi divers et contradictoires que futurisme, cubisme constructiviste ou néo-classicisme – que le lecteur pardonne la barbarie des mots, puisque notre époque ne sait plus s’exprimer que par –ismes et dérivés. Simples caprices d’un artiste en quête de sa personnalité propre ou présumée telle, dites-vous ? Nous ne le croyons pas. Une analyse plus approfondie des différentes périodes du parcours de…
Lorsque Platon conçut son Utopie, il s'inspira des institutions réelles d'une communauté hellénique, L'Etat-cité de Sparte qui était la plus grande des grandes puissances de son temps. Si l'on examine les origines du système lacédémonien, on constate que les Spartiates se trouvèrent acculés à la nécessité d'accomplir leur tour de force et de se doter, en vue de cette tâche, de leur "institution originale" parce qu'à une époque antérieure, ils avaient une orientation particulière : les Spartiates, en effet, s'étaient séparés à un certain moment de leur histoire de l'ensemble des Etats-cités helléniques. Les Spartiates eurent une réaction toute particulière au danger commun qui menaça toutes les communautés helléniques au VIIIè siècle av. J.-C., lorsque, du fait du cours immédiatement…
La politique étrangère de Napoléon III a toujours suivi trois grands objectifs : le premier, ramener la France au rang des grandes puissances par l’abolition des traités de 1815 ; le deuxième, faire coïncider autant que possible les territoires avec les nationalités (l’union italienne) ; le troisième, mettre fin aux grandes guerres en favorisant le règlement des conflits par la négociation dans le cadre de congrès qui se réuniraient régulièrement. Napoléon III a réussi le premier objectif qu’il s’était fixé, le second s’est retourné contre lui (l’union allemande), il s’est montré visionnaire pour le troisième avec la mise en place plus tard de la Société des Nations. La visite de Napoléon III à Gênes (Théodore Gudin, 1859). I. L’Europe de Napoléon IIIAprès la chute du Premier Empire,…
« L’Empereur peut attendre avec confiance le jugement de la postérité. Son règne restera comme l’un des plus glorieux de notre histoire. » Louis Pasteur, le 5 septembre 1870. Ennemi personnel de Victor Hugo, bouc-émissaire des républicains pour la défaite de 1870, éclipsé par la légende dorée de son oncle, Napoléon III reste perçu comme un empereur faible, hésitant et rêveur, portrait que lui ont brossé ses adversaires. Pourtant, son règne coïncide avec un essor économique sans précédent et marque une amélioration significative de la condition des classes laborieuses. Et au contraire de son illustre oncle, il laissa la France plus grande qu’il ne l’a trouvé. L’apothéose de Napoléon III (Guillaume Alphonse Cabasson, 1864). En haut à gauche, deux putti tiennent l’urne du suffrage…
Le duc de Marlborough et le prince Eugène à la bataille de Taisnières. La guerre de Succession d’Espagne, guerre que Louis XIV n’a pas voulue mais qu’il est contraint de mener, débute en 1702. Une grande alliance se forme en 1701 regroupant l’Angleterre, la Hollande, le Saint Empire, le Portugal, puis la Savoie-Piémont. De son côté la France a montré lors de la guerre de la ligue d’Augsbourg qu’elle pouvait tenir tête seule à l’Europe coalisée, néanmoins cette fois-ci elle est alliée à la Bavière et à l’Espagne où règne Philippe V, petit-fils de Louis XIV.Par rapport à la guerre de la ligue d’Augsbourg, la situation a changé : l’Angleterre et la Hollande se sont rendus maîtres des mers, la famine de 1693-1694 a fait perdre à la France près d’un million et demi d’âmes, l’empereur du…
Il fut un temps où la langue française s’imposait jusqu’en Angleterre, les nobles anglais envoyant leurs enfants en France, afin qu’ils y perdissent, dit Gervais de Tilbury, la barbarie de la langue de leur pays ; et jusqu’au XVe siècle, elle régnait sans partage dans les tribunaux de celle qu’on appellera plus tard la « perfide Albion »Suivant Pinkerton, dès le milieu du XIe siècle, le français fut en usage à la cour d’Ecosse, comme il l’était déjà à la cour d’Angleterre. Une monnaie de Guillaume le Lion, frappée lors de son avènement, en 1165, porte pour légende : Le rei Willau. Presque toutes les pièces relatives aux débats de Jean Balliol et Robert Bruce sont écrites en français. C’était à Edimbourg la langue de la cour, et l’on y croit si bien que ce devait être exclusivement un…
L’église Saint-Sulpice par Mathys Schoevaerdts vers 1665. Les pédagogues Jean-Baptiste de La Salle et Charles Démia y étudièrent au séminaire. Entre le XVIe siècle et la Révolution, un débat s’instaure entre défenseurs et adversaires de l’éducation du peuple. Ce débat met en jeu la nécessité de christianiser les masses, la recherche de l’efficacité économique et l’élévation morale de l’homme par l’instruction. A contrario des idées reçues, les défenseurs de la « démocratisation » de l’instruction ne se trouvent pas du côté que l’on croit ! I. L’Église et l’éducation Au XVIe siècle, l’Église fait de l’éducation du peuple un devoir pour les clercs et les évêques. Le péril protestant accélère l’ouverture d’écoles élémentaires : dans les régions où progresse le protestantisme, il est…
La fête des mères célèbre, comme son nom l'indique, les mères de famille lors d'un dimanche de la fin mai ou du début juin en fonction de la date de la pentecôte. Cette fête, inscrite au calendrier sous le régime de Vichy, fut reprise par la république en 1950. Des hommages à la figure de la mère furent rendues durant l'antiquité grecque puis romaine. Bien plus tardivement, aux Etats-Unis, entre 1911 et 1914, une fête des mère fut instituée. Durant la première guerre mondiale, l'envoi massif de courriers des soldats américains à leur mère pour cette fête intrigua nos compatriotes, qui en adoptèrent progressivement l'idée. Une journée des mères, instituée en 1919 pour célébrer les femmes méritantes dans différentes grandes villes, fut promue journée nationale en 1941 par le maréchal Pétain…
En guerre depuis juillet 1870 contre la Prusse, le Second Empire tombe à la défaite de Sedan, le 2 septembre 1870 et Napoléon III se voit contraint de s’exiler en Grande-Bretagne. En effet, à peine deux jours plus tard, la République est proclamée à Paris, après que celle-ci ait été proclamée à Lyon et Marseille. Mais la guerre continue, et les Prussiens atteignent, victoires après victoires, les bords de la Seine. Le siège de la capitale débute le 19 septembre.La Prusse entendant traiter avec un gouvernement légitime, des élections législatives sont organisées en février 1871 et, à la surprise générale, aboutissent à la victoire des monarchistes (près de 400 sièges, plus de 58 % des voix) : si les grandes villes accordent leurs voix aux républicains, les campagnes sont restées attachées…
La Grande Guerre a popularisé l'image du Poilu et de son fidèle Lebel. Dans le même esprit, on peut écrire que, sous l'Empire, le meilleur ami du soldat qui part pour la guerre, c'est son arme : fusil pour le fantassin, sabre pour le cavalier, voire canon pour l'artilleur. Un peu démuni au milieu de ces "vrais" guerriers, apparaît l'homme du génie, principalement l'officier, communément désigné sous le sobriquet de "M. Problème" par les grenadiers et autres chasseurs ou voltigeurs qui, dans tous les cas, le tiennent en piètre estime. A tort, lorsque l'on découvrira de quel stoïcisme obscur et efficace seront capables, en Russie, au sein d'une armée anéantie et démoralisée, les sapeurs et les pontonniers du génie placés sous les ordres du général Eblé. Faisons donc une inspection rapide…
Cette semaine je vous propose un article sur les collèges aux XVIIe et XVIIIe, en s’intéressant plus particulièrement aux Jésuites, principale congrégation enseignante. L’enseignement proposé par ces religieux peut paraître étonnant par sa modernité, loin du cliché qui voudrait que l’Église étouffe les savoirs… Nos collèges actuels sont encore les héritiers des collèges jésuites, ne serait-ce que par la numérotation des classes (de la 6e à la Terminale). Bonne lecture ! Lycée Louis-le-GrandLe collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand) est fondé par les Jésuites en 1563. En 1682, Louis XIV lui accorde son patronage et l’établissement est renommé « Collège Louis le Grand » ; il accueille alors environ 3000 élèves. (Photo de la Cour intérieure du lycée). Le collège en tant…
Il a suffi des dix années qui ont suivi la mort du Prophète Mohammed, survenue à Médine en 632, pour que la carte de l'Orient soit complètement bouleversée. Après la défaite infligée aux Byzantins sur les rives du Yarmouk dès 636, les Perses sassanides sont vaincus à Qâdissiya l'année suivante. Damas, Jérusalem et Ctésiphon tombent en quelques mois aux mains des cavaliers arabes porteurs de la foi nouvelle et, dès 639, une première incursion dans le delta du Nil prélude à la chute d'Alexandrie, évacuée par les Byzantins en 642, puis reprise avant de tomber définitivement aux mains des musulmans en 645. La facilité avec laquelle l'Égypte a été subjuguée – conséquence des antagonismes religieux qui l'opposaient à Constantinople – encourage naturellement les conquérants à pousser plus loin…
Paris au fil des arts Du 28 avril au 26 septembre, le musée de Cluny, à Paris, présente une exposition intitulée l'épée. Usages, mythes et symboles. L'occasion pour Isabelle de Rancourt de revenir sur cet objet qui a traversé les âges et les civilisations. Durandal, Joyeuse, Tizona1….que n’évoquent-ils pas pour nous, ces noms environnés de mythe et de la brume des temps, reflets d’un autre âge où l’honneur encore était de mise, et les passions viriles d’un peuple qu’habitaient la fierté et l’amour de sa race.Ce sont ces noms que fait résonner pour nous le musée du Moyen Age, qui présente pour les mois à venir une très belle exposition – « L’Epée. Usages, mythes et symboles » – quelques bribes éparses d’un passé cher à nos cœurs et qui palpite encore en nous, comme pour y vivifier les…
Les Francs n'ont pas seulement donné leur nom à la France; leur langue, le francique ne disparaîtra pas sans avoir laissé de trace dans la langue française.L'apport franc à la constitution de la langue française se distingue d'autres apports (mots de formation savante pris du grec ancien, mots isolés d'origine italienne, espagnole ou arabe...) par le fait qu'il résulte de l'implantation, sur le territoire gaulois, d'une population de langue germanique : les Francs. Si ces derniers apprennent assez rapidement à s'exprimer dans le bas-latin parlé par les gallo-romains, ils n'en continuent pas moins à pratiquer jusqu'à la dynastie carolingienne leur langue germanique d'origine : le francique. Outre ses effets au niveau de la typologie, de la phonétique et de la syntaxe, l'apport francique a…
Paris au fil des arts La figure du Christ fait débat, ces derniers temps, parmi les sommités du monde artistique ou prétendu tel. Vous m’aurez comprise, c’est cette merveilleuse petite photographie, que dis-je, cette superbe œuvre d’art en rouge et or qui me vient à l’esprit en écrivant ces lignes : j’ai nommé Piss-Christ. La cité des papes fête encore jusqu’à dimanche prochain les dix ans de la collection du petit Yvon Lambert- le nain de jardin des Muses au paradis des arts- avec la désormais fameuse exposition « Je crois aux miracles ». Lambert avait raison d’y croire : l’opération coup de marteau (ou de pioche, pour certains – les musées laissent entrer des visiteurs armés de pioches, c’est bien connu) menée par les catholiques français tient du miracle, et les agités du bocal qui…
Le 7 mars 321, Constantin, empereur romain, fixe un jour de la semaine pour être le repos hebdomadaire pour tous. Usage qui a perduré jusqu'à nous. Se servant du justitium, institution permettant de suspendre les activités de la justice et de l’État, Constantin en mis en place un en place qui soit permanent. Il choisit pour cela le solis dies, le jour du soleil, et a donné les sun-day anglais et sonntag allemand. Le culte du soleil avait en effet été institué comme culte commun à toutes les provinces par l'empereur Augustin au siècle précédent, se superposant aux autres cultes polythéistes. La grande fête du Soleil Invaincu avait lieu le 25 décembre, soit la date du solstice d'hiver selon le calendrier julien : c'était le Dies Natalis Solis, « Jour de naissance du Soleil », christianisé…
Pour la première fois aux Invalides, les pièces maîtresses des plus grandes collections d'armures européennes et américaines seront réunies. Réalisées dans la seconde moitié du XVIe siècle pour les souverains et princes d'Europe, ces armures d'apparat sont de véritables pièces d'orfèvrerie. Leurs décors raffinés révèlent l'expression maniériste qui s'est alors imposée dans tous les arts.Ces armures d'exception, objets d'apparat et signes spectaculaires voire ostentatoires de pouvoir, ont été portées par les plus grands princes et souverains d'Europe au XVIe siècle : les rois François Ier, Henri II, Charles IX et Henri III de France, ainsi qu'Erik XIV de Suède, l'empereur Maximilien II...Certaines sont mêmes complétées par une armure équestre comme l'impressionnant harnois d'Erik IV, que…
Lu sur metamagUn festival gréco-latin dédié cette année à Jacqueline de RomillyParmi les dieux de l’Olympe qui lui ont sûrement réservé une petite place, dans quelle disposition d’esprit doit être Jacqueline de Romilly en regardant ce bas monde ? Tristesse de voir ces « humanistes » que sont Luc Chatel et Valérie Pecresse continuer, avec leur esprit platement utilitariste, de s’acharner et d’araser les ultimes racines d’humanités subsistant dans notre pauvre enseignement ? Ou gaité de voir refleurir le "Festival Européen Latin-Grec" ? Pour la septième année cette manifestation à la fois joyeuse patronnée par « Le Point étudiants », la mairie de Paris, les deux Ministères (faux-culs) et désormais placée sous le parrainage « éternel » de l’académicienne, décline, pendant trois jours (17-19…